L'origine du nom "Battières"

Au Moyen-Âge, le territoire alors appelé d’Alaise est le domaine de chasse du prieur de Saint-Irénée.
En 1544, il est loti en 66 parcelles de 4 bicherées (environ 1/2 hectare) chacune. Des riches bourgeois lyonnais et de simples vignerons achètent une ou plusieurs parcelles.

Puis au XVIIe siècle certaines parcelles sont regroupées. L’un des acquéreurs, Noël Bastier, riche guimpier (tireur de fil d’or et d’argent utilisé dans la confection de tissus), rachète, le 14 janvier 1658, les parcelles de ses voisins pour former son domaine. Celui ci qui rassemblait alors des terrains situés à l’emplacement actuel du centre Centre Educatif Elise Rivet, de la tour, du collège des Battières et d'un vignoble qu'il possédait sur le coteau de Ménival ("La Pierre Levée"). Ce bourgeois serait à l'origine du nom "Les Battières".

origine nom battieres
« Fut present honnorable homme Noël Bastier, marchand bourgeois de la ville de Lyon » (Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon, 1610).

L'acquisition du terrain

A l'emplacement du Parc des Battières, se tenait auparavant un domaine résidentiel connu comme « la maison Chavent » avec ses dépendances.

maison chavent

On sait que la maison a été construite par M Gagneur, bijoutier à Lyon, puis cédée à la famille Chavent, famille de soyeux lyonnais. Le domaine de plus de 5 hectares comprenait en plus de la grande maison, l'habitation du métayer, une orangerie et une boutasse pour l’arrosage des jardins.

Le 28 juin 1962, le terrain d'une superficie de 50 598 M² est acquis par adjudication publique à la barre du tribunal de grande instance de Lyon.

cadastre parc des battieres 04
cadastre parc des battieres 02
Cadastre : BD13 (bâtiments A, D, E, F) et BI93 (bâtiment C)

La conservation des arbres de l'ancienne propriété explique la grande qualité paysagère de notre copropriété.

Le 22 janvier 1964, la demande de permis de construire est déposée. Le 13 mai de cette même année, le projet est transmis au ministère de la construction et c’est le 19 octobre que l’on constate la première demande de modification des voiries historiques. La proposition fait état d’une cession gratuite à la ville de Lyon d’une partie de la parcelle (6 900 M²) pour en faire l'actuelle avenue Eisenhower. En échange, le parc récupère le chemin des Battières, d'une surface de 600 M², qui se trouve le long du mur du parking Est. Enfin, le 19 décembre 1964 le permis de construire est validé.

Les acteurs du projet

Sous la maîtrise d'ouvrage de la société civile immobilière (SCI) "Le Parc des Battières", François Lakatos (1924-2012) et Michel Pionchon (1915-1995) sont à l'oeuvre sur le projet. François ingénieur diplômé d'état issu de l'école spéciale des travaux publics (ESTP) est à la conception et Michel architecte diplômé par le gouvernement (DPLG) est la maîtrise d'oeuvre.

En 1962, au démarrage de la période de conception, François Lakatos exprime dans une lettre ses premières volontés pour le site : une grande tour qui émerge du paysage et une attention particulière au terrain et à sa pente.

Michel Pionchon est un architecte français né le 15 septembre 1915 à Lyon. Il est le dernier fils de Claudius Pionchon, constructeur mécanicien, dirigeant de la société des Engrenages Pionchon, située dans le 3e arrondissement à Lyon.
Il réalise ses études à l'Ecole régionale d'architecture de Lyon, dépendant de l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts, entre le 10 juillet 1934 et le 18 novembre 1941 (matricule 9771, 179e promotion), date à laquelle il est diplômé. Ses études se sont déroulées dans l'atelier dirigé par Tony Garnier puis par Pierre Bourdeix.
Pendant sa formation, il rencontre Andrée Moulin, elle aussi élève architecte dans cette même promotion. Elle est diplômée le 18 novembre 1941. Ils se marient à Lyon le 6 mai 1939. Une fois diplômés, ils travaillent en association et ont six enfants dont François, devenu architecte également.
Michel décède le 20 octobre 1995 à Reyrieux dans l'Ain.

1967-1971 : un projet qui évolue

Vers la fin 1967, se manifestent les premières intentions de modifier le projet. Des croquis et esquisses proposent de faire disparaître la barre B au profit de trois bâtiments distincts : D, E et F.

croquis bat
Croquis de proposition de scission de la barre B en trois bâtiments distincts (D, E & F).
Arch. mun. Lyon.156 II 26.

Le premier bâtiment livré est le bâtiment A, le 22 janvier 1968. Vient ensuite le bâtiment C, deux mois plus tard, le 18 mars. On retrouve ensuite une lettre de Michel Pionchon affirmant son objectif de supprimer le bâtiment D originel : un bâtiment de garages. Dans cette même lettre, on peut lire la volonté de rajouter un étage au bâtiment B, comme cela avait été pensé pour le bâtiment F.

L’année 1971 est une année marquante pour le projet et son évolution. A compter du 13 juillet, les bâtiments A et C sont achevés, livrés et habités et le bâtiment F est en cours de construction.
Le 8 août est déposé le permis de construire modificatif qui confirme la suppression du bâtiment D de garages et scinde le bâtiment B en trois bâtiments distincts : D, E et F. Des confusions entre les différents intervenants dans l’appellation des bâtiments (notamment le D) apparaissent au même moment. Le 9 décembre, la modification du permis modificatif est acceptée.

batB
François Lakatos (conception), Michel Pionchon (exécution), Le parc des Battières, bâtiment B,
élévations nord et sud, 13 février 1964. Arch. mun. Lyon. 371W/87.

 

bat ABC
François Lakatos (conception), Michel Pionchon (exécution), Le parc des Battières, plan de masse, 13
février 1964. Arch. mun. Lyon. 371W/87.

Par la suite, le chantier se déroule sans encombre. Les différents bâtiments sont livrés les uns après les autres. La bâtiment F est livré le 4 juillet 1973, le E l’est le 25 juillet 1974 et enfin le D (qui est encore nommé B dans certains documents) est livré le 4 février 1976.

Un grand merci à Philibert Creps, Arthur Dellac, Cléa Jeanney, José Pacheco Ferreira qui dans le cadre d'un travail de recherche sur les ensembles de logements lyonnais des Trente Glorieuses, encadré par l'historien Philippe Dufieux à l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Lyon (ENSA Lyon), ont choisi le parc des Battières comme sujet d'étude en mai 2026. Cette page reprend très directement une partie de leurs travaux.